Du 16e siècle à nos jours: ces Fornerod qui nous ressemblent; article de Patrick Chuard, la Liberté, 29 décembre 2023

Le pasteur Serge Fornerod croque les portraits de quelques aïeux et évoque sa propre carrière hors des frontières.

A quoi tiennent une identité et un destin? Serge Fornerod a été baptisé protestant à sa naissance, il y a 65 ans. Mais il aurait pu être catholique. Il était issu de la branche des Fornerod de Domdidier, restée papiste lors de la Réforme, alors que la partie de sa famille établie à Avenches avait embrassé la nouvelle religion importée par Berne en Pays de Vaud, il y a 500 ans. «Mon père était tombé amoureux d’une fille protestante de Chevroux. Il a tenu bon et il l’a épousée malgré les objurgations de sa famille et du curé de sa paroisse, dont il a été exclu», raconte Serge Fornerod. Cet événement a forcément joué un rôle majeur dans la vie de Serge Fornerod, puisqu’il a suivi des études de théologien et est devenu pasteur.

Etabli aujourd’hui à Morat, celui qui vient de prendre sa retraite de l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS) s’est penché sur la trajectoire de plusieurs Fornerod du passé, qui furent pasteurs tout comme lui, dans un livre qui vient de paraître. Tel Aloÿs Fornerod, cofondateur de l’EERS. Son fils, musicien et compositeur qui portait le même prénom, s’est converti au catholicisme dans les années 1920. On découvre dans l’album de famille un Ambroise Fornerod, secrétaire de saint Charles Borromée au XVIe siècle. David Fornerod, pasteur huguenot, établi à Berlin quelque 100 ans plus tard, ne servait pas du tout la même cause.

Serge Fornerod, qui a été le responsable des relations extérieures de l’EERS pendant plus de vingt ans, en poste en Europe de l’Est, raconte également des épisodes de sa carrière et de son ouverture au monde. Partisan d’un dépassement des frontières confessionnelles, le Moratois plaide pour que le christianisme devienne «une contre-culture capable de faire barrage au consumérisme, à l’individualisme forcené et au non-respect du droit des autres».

Si Serge Fornerod croque avec force anecdotes les portraits de quelques homonymes illustres, ce n’est pas vraiment pour faire de la généalogie. «Toutes les généalogies sont un peu factices, dit-il. On voit que presque tous les Fornerod du pays descendent d’une famille d’immigrés italiens venus en Suisse bien avant les divisions confessionnelles et cantonales». Tous différents, mais tous liés par le même nom et la même origine: les Fornerod ressemblent à la plupart des familles. Nous avons tous en nous quelque chose de Fornerod.

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