Voyager

Dans les galeries ci-dessous, je fais part de découvertes, de perspectives et de messages forts reçus en découvrant
d’autres cultures, d’autres histoires. Même étrangères, elles nous parlent de nous. Photos © Serge Fornerod

Ouzbékistan – Route de la soie 2024.
Aucun voyage n’a autant bouleversé ma vision du monde que celui-ci. Du IIe siècle avant J.-C. jusqu’au XVIe siècle, la route de la soie a été le centre du monde, non seulement sur le plan économique, mais aussi culturel, religieux, artistique. Le brassage incessant au gré des dominations successives des populations grecques, juives, perses, arabes, chinoises, mongoles etc. ont facilité un essor économique, artistique (le papier), scientifique (médecine, astronomie, mathématiques…) et religieux unique. Le christianisme syriaque, en partant de Bagdad, hors Empire romain, en a profité pour atteindre l’Afghanistan, la Mongolie et la Chine au VIIe siècle déjà en suivant cette route. Samarcande, Herat, Turfan, Xi’an étaient des évêchés. Juifs, chrétiens, bouddhistes, musulmans, hindous se côtoyaient et échangeaient dans les caravansérails. Le développement de la navigation loin des côtes et la brutale colonisation qui en a suivi dès la fin du XVIe siècle par les portugais, hollandais, anglais ont déplacé ce centre de gravité vers l’Europe, pillant sans retenue. Mais les richesses de ces régions ont continué à influencer et orienter la géopolitique mondiale jusqu’à aujourd’hui. 
Chicago, « the windy city », mérite plus qu’un détour. Son rôle dans l’histoire de la musique, de l’architecture, du crime, du film, des mouvements civiques, de la littérature aux USA et au-delà est immense. Entre Gotham City, l’art nouveau, le massacre des indigènes, la prohibition et Chagall, une richesse culturelle tous azimuts.  
Erevan 2025: J’ai découvert l’Arménie quelques années après la chute de l’Union Soviétique. Le pays était en ruine, les infrastructures quasi inexistantes. L’Eglise orthodoxe était un des acteurs potentiellement capable d’amener du renouveau, aussi bien par l’immense trésor culturel et national qu’elle représentait que par son réseau international. Son musée national renferme des merveilles d’imprimerie et picturales. Ballottée sans cesse durant son histoire entre les Empires romain, perse, russe et turc, enclavée, elle a toujours dû composer avec plus fort qu’elle. Sa culture millénaire, le soin porté à l’éducation restent aujourd’hui des phares et une boussole dans une environnement qui reste hostile et précaire.  
Singapour, octobre 2025: la « Suisse de l’Asie »? La juxtaposition de la période coloniale britannique et de l’activité néocoloniale moderne contrastent avec l’harmonie et l’immensité de la nature environnante. Une vitrine et une caricature: une harmonie interculturelle de surface, économiquement ultralibérale, politiquement autocratique, une haute qualité de vie pour un petit nombre, une démesure dans la consommation des ressources, une interdépendance lourde de risques avec les voisins. 
Japon 2025 – A Tokyo et Nagasaki, j’ai été plongé aussi bien dans la quiétude zen que dans l’effervescence, aussi bien dans l’incroyable richesse que dans le tragique de la culture et de l’histoire de cette nation.
Stockholm : ville lumineuse et harmonieuse, sous estimée quant à la qualité de ses expressions artistiques et culturelles. 
Malaga, charmant et important port andalou, marquée par la longue et fertile présence arabe, mais aussi l’architecture moderne du début du XXe siècle. Tous les éléments de ce contexte ont inspiré et marqué Picasso. Mais il y a plus que ses traces à retrouver ici. 
Beyrouth: Je séjourne régulièrement dans cette ville solaire depuis plus de quinze ans. Le temps nécessaire pour tisser des amitiés, commencer à décrypter ses codes et trouver les repères pour comprendre la complexité du Liban. Mais aussi  le temps suffisant pour voir la descente progressive du niveau de vie, de confort, d’espoir, l’abandon, les promesses non tenues, les ravages des guerres des autres sur cette population, sa fierté, son silence non résigné pour chercher matin après matin un meilleur jour.
New York: Difficile de ne pas être sensible au concert de la lumière sur le verre et l’acier de la Grande Pomme, au surdimensionnement omniprésent. Les humains y disparaissent, n’y comptent plus. Excepté quelques réalisations, artistiques, monumentales elles aussi. 
Niagara et Iguaçu: un vieux rêve d’enfant réalisé: voir les chutes du Niagara, à la frontière USA-Canada et celles d’Iguaçu, à la frontière Argentine- Brésil. D’un côté la puissance, de l’autre l’abondance sauvage. 
Ma petite ville Morat jouxte une nature reposante et qui offre son lot de couleurs et d’atmosphères au gré des saisons.