Chiang Mai 2025

Écrire

J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises d’écrire des articles sur des sujets liés à mon travail: sur l’identité religieuse de lEntraide protestante suisse EPER, le 500e anniversaire de la naissance de Jean Calvin en 2009, les 500 ans de la Réforme en 2017 ou le 1700e anniversaire du Concile de Nicée en 2025. Quelques uns sont disponibles ici.
J’ai découvert par hasard et avec surprise peu avant ma retraite que mon histoire personnelle se recoupait avec celle d’homonymes également pasteurs dans les siècles passés. Cette recherche m’a permis de retracer un bout de l’histoire de ma famille élargie dans ma région. Ce livre publié en 2023 chez Cabédita m’a amené à faire des recherches complémentaires sur l’autre branche de ma famille. Ces deux livres sont présentés en bas de la page et sont disponibles directement chez moi. 
Par ailleurs, j’ai assuré la publication d’un livre édité en trois langues à l’occasion du Jubilé de la Réforme de 2017

Articles

Les racines théologiques de l’Entraide Protestante Suisse EPER (1996)

Lorsque je travaillais à l’Entraide Protestante Suisse EPER, la discussion interne sur l’identité religieuse de l’EPER avec les partenaires en Suisse et à l’étranger était fréquente, en particulier parce que le choix et l’orientation des projets retenus (un changement à opérer, une tradition à modifier, une mobilisation à créer, un engagement local à soutenir…) dérangeait ceux qui souhaitaient plutôt des subventions générales, le maintien d’un statu quo social ou le retour à un passé idéalisé. Cela m’a amené à parcourir les rapports annuels et faire apparaître les convictions théologiques et politiques de ceux qui ont fondé l’EPER en 1944 et en ont orienté les stratégies. De manière relativement peu surprenante, les liens des fondateurs de l’EPER avec le mouvement oecuménique naissant et des figures de la résistance au nazisme comme Dietrich Bonhoeffer sont apparues clairement. Le texte est disponible en cliquant le bouton ci-dessous. 

Les 500 ans de la naissance de Calvin (1509 – 1564) 

En 2009, les Églises réformées ont organisé une série d’événements autour des 500 ans de la naissance de Jean Calvin , le Réformateur franco-genevois de la deuxième génération, à l’origine de l’expansion mondiale de la Réforme. L’Eglise protestante suisse était moteur de cette commémoration. L’exercice était difficile, car l’image de Calvin dans le public était (et est toujours) mauvaise: rigidité morale, intolérance, discipline forcée, doctrine apparemment fataliste, absence de joie, autant de reproches tenaces plus ou moins justifiés historiquement… Nous avions essayé de contextualiser le tout, de démystifier quelques clichés et de rappeler les grandes avancées que sa pensée avait permises, par exemple sur la démocratie ou l’éthique économique. L’écho avait été mondial. DVD, CD, timbres, même un chocolat spécial avaient égayé la commémoration. 

                               

Genève: Des chocolats au goût de «paradis» pour célébrer les 500 ans de Calvin

Histoire de fondre sous la tentation Genève, 3 novembre 2008 (Apic) Des chocolats au goût de «paradis» ont été créés pour célébrer les 500 ans de Calvin. Des pralinés. Histoire de déguster un avant goût de petit paradis, de fondre sous la tentation. Le chocolatier suisse Blaise Poyet pense avoir capturé l’essence du réformateur protestant Jean Calvin dans des pralines au chocolat spécialement créées pour célébrer le 500e anniversaire de ce personnage religieux qui a marqué l’histoire européenne. Il n’est «pas facile de représenter la pensée théologique par le goût, reconnaît Blaise Poyet, maître chocolatier de la Maison Poyet, à Vevey, ville située à 80 km de Genève, où a œuvré le réformateur d’origine française. «Or, l’essentiel pour Calvin, c’est la gloire de Dieu, son excellence, sa perfection. Nous avons donc choisi un chocolat exceptionnel, très rare et sans défaut pour nous, chocolatiers». Les chocolats ont été présentés à Genève le 2 novembre après une cérémonie lançant l’année «calvin09», qui marque le 500e anniversaire, en 2009, de la naissance de Calvin. D’autres produits et d’autres manifestations ayant pour objectif de capturer la vie et l’esprit de Calvin seront présentés au cours de l’année. La Fédération des Églises protestantes de Suisse

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Le texte de Calvin ci-dessous rappelle sa contribution au développement de la langue française, comparable en partie à celle de Luther pour l’allemand.
« Tout ce qui se pourrait penser ou désirer de bien est trouvé en ce seul Jésus-Christ.
Car il s’est humilié pour nous exalter, il s’est asservi pour nous affranchir, il s’est appauvri pour nous enrichir, il a été vendu pour nous racheter, captif pour nous délivrer, condamné pour nous absoudre,
il a été fait malédiction pour nos bénédictions, oblation de péché pour notre justice, il a été défiguré pour nous figurer, il est mort pour notre vie,
tellement que par lui,
rudesse est adoucie, courroux apaisé, ténèbres éclaircies, injustice justifiée, faiblesse vertueuse, déconfort consolé,
péché empêché, mépris méprisé, crainte assurée, dette quittée, labeur allégé, tristesse réjouie,
malheur bienheuré, difficulté facile, désordre ordonné, division unie, ignominie anoblie, rébellion assujettie,
menace menacée, embûches débuchées, assauts assaillis, efforts efforcés, combat combattu, guerre guerroyée,
engeance vengée, tourment tourmenté, damnation damnée, abîme abîmé, enfer enferré, mort morte, mortalité immortelle.
Bref : miséricorde a englouti misère, bonté toute malheureté.« 

Prologue au NT; Source : Gilles Daudé (éd.),  Prier 15 jours avec CALVIN, Editions Nouvelle Cité 2009, ISBN : 9782853135634)

Les deux articles ci-dessous donnent une idée du défi du projet et de son évaluation faite quelques mois après.
Ici un résumé des enjeux de cette commémoration (auf deutsch!)
Ici, un article paru dans le Bulletin « Inter pares » de la Société pastorale suisse SPS et qui fait le bilan quelques mois après 2009
2017, les 500 ans de la Réforme

Après l’année « Calvin09 », l’Eglise protestante suisse était rôdée pour participer aux commémorations des 500 ans de la Réforme initiée par Luther en 1517. Elle s’investit en particulier pour rappeler à l’international que la Réforme n’était pas qu’allemande. Résistant à la tentation très contemporaine de tout concentrer sur une seule personne, l’EERS s’engagea sur le plan européen avec la Communion d’Eglises protestantes en Europe (www.leuenberg.eu) pour montrer le mouvement international que fut la Réforme. En particulier Zwingli à Zurich avait dès janvier 1519 mis en oeuvre une Réforme « à la Suisse » qui s’imposa peu à peu dans la suisse allemande. Une intense collaboration s’engagea avec l’Eglise protestante allemande EKD qui fut inaugurée par le Congrès internatiooanl de 2013 et déboucha sur plusieurs projets. Parmi eux, signalons le départ du « Parcours des cités européennes de la Réforme » depuis Genève (avec 12 stations en Suisse!), la présence d’un pavillon suisse dans l’exposition mondiale sur la Réforme à Wittenberg durant tout l’été 2017 (dessiné et construit à bien plaire par les architectes Christ&Gantenbein de Bâle, scénographie de Gabriel De Montmollin et Juri Steiner), avec entre autres une reproduction surdimensionnée de la presse de Gutenberg qui a imprimé en live le Nouveau Testament selon la traduction dite « de Zurich » et qui a été remis à la fin tout comme le pavillon lui-même à la ville de Wittenberg, un slogan multilingue, une monnaie commémorative, un synode festif et internationale, une campagne d’affichage public, un festival jeunesse, un logo customisable selon les cantons…. 

La galerie d’images (Copyright © SEK-EKS) et les articles ci-dessous reflètent l’énorme engagement pour ce projet. 

La première tâche dès 2011 fut de convaincre les Eglises suisses, nées de l’action directe non pas de Luther, mais de Calvin, Farel, Zwingli et Bullinger, de considérer Luther comme faisant aussi partie de notre héritage, de ne pas rater une occasion exceptionnelle de collaboration et de visibilité européenne ni de rester dans son quant à soi culturel et national.

Ci-dessous un bref article paru en 2015 dans la « Revue des Cèdres » à Lausanne. 

Ensuite, il fallait  faire comprendre et accepter à quelques absolutistes luthériens que le mouvement de la Réforme n’était pas une propriété privée allemande. Un congrès intitulé « A qui appartient la Réforme? » à Emden en 2013 offrit l’occasion d’inscrire une perspective suisse dans les commémorations en préparation.

L’exposé ci-dessous a été publié (auf deutsch!) dans: Vol. 26, No. 2, 2013, « Kirchliche Zeitgeschichte »; « Befreier der deutschen Seele. Politische Inszenierung und Instrumentalisierung von Reformationsjubiläen im 20. Jahrhundert », https://www.jstor.org/stable/i40120597

Le thème occupa les Eglises protestantes de Suisse pendant plusieurs années, rafraîchissant la mémoire culturelle sur la construction de l’identité suisse, créant une certaine émulation interne et une communication renforcée et unifiée grâce à un logo minimaliste, mais customisable par les Eglises cantonales.

Ici une tentative de synthèse de l’impact culturel de la Réforme en Suisse (auf deutsch!).

De nombreuses publications également dans les médias  de l’Eglise protestante allemande EKD permirent d’élargir et d’enrichir une approche initiale par trop confessionnelle et nationale (auf deutsch!) . 

La collaboration avec l’Eglise protestante allemande EKD s’ancra dans un congrès commun organisé à Zurich en 2013 et se déploya jusqu’en 2017 lors de l’exposition mondiale de la Réforme de mai à septembre à Wittenberg, où la Réforme suisse fut visiblement présente avec son Pavillon « Prophezey », en hommage au travail de traduction communautaire de la Bible mis en oeuvre par Zwingli et qui vit la publication de la première Bible complète en allemand en 1531 déjà.
Ci-dessous un article paru dans l’EKD Magazin 2016 « Reformation und die eine Welt » (auf deutsch!). 

L’objectif n’était pas de glorifier le passé ni de justifier la séparation de l’Eglise d’Occident, mais de puiser dans le mouvement de renouveau que fut la Réforme des ressources pour vivre le présent et agir pour l’avenir. Ceci fut aussi la base de l’élargissement des commémorations à l’horizon européen par la Communion d’Eglises protestantes en Europe CEPE.
Ci-dessous un article paru dans l’EKD Magazin 2017 « Gott neu vertrauen » (auf deutsch!) 

 

 

 

 

Les 1700 ans du Concile de Nicée (325)

En 2025, les Eglises membres du Conseil oecuménique des Eglises COE commémorèrent  l’anniversaire du premier rassemblement des responsables de l’Eglise toute entière  à Nicée, près de Constantinople. Ce fut l’occasion de très nombreuses rencontres et publications. Si au départ, le motif était de célébrer l’unité ainsi démontrée, le modèle d’un rassemblement global pour prendre des décisions, et la dimension mondiale très rapide de l’Eglise, la suite a aussi montré sans faux semblant les limites, les failles de ce rassemblement, les tares qui ont marqué sa convocation et la mythologie que l’historiographie a construite par la suite pour affirmer un consensus et une univocité qui n’ont jamais existé dans le christianisme. Cela m’a permis de mettre à jour mes connaissances lacunaires sur l’histoire des toutes premières générations du christianisme, mais aussi de tirer des conditions d’exsitence des premières communautés des leçons utiles pour nos discussions actuelles sur l’évolution actuelle de la foi chrétienne dans le monde.  

Dans toute célébration, chaque acteur met en avant ce qui lui parait le plus important. Cela amène souvent à projeter dans en l’occurence sur la Concile de Nicée des thèmes ou des objectifs qui sont tout sauf convergents et en disent plus sur le monde de pensée de l’auteur que sur la réalité historique, souvent négligée, manipulée ou orientée théologiquement ou politiquement. Cela m’a inspiré un article publié sur la site de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse (CTEC/AGCK). 

Cet article m’a valu par la suite deux interviews sur le site ref.ch et dans le journal « reformiert. » des Eglises Berne-Jura-Soleure (auf deutsch!). 

LIVRES

Les Fornerod : une famille au service de l’Église
Ce livre, à la fois recherche historique et récit autobiographique, a été publié en 2023. Il est encore disponible directement chez moi (25.- frs.) 
Es gibt auch eine deutsche Fassung dieses Buchs, bestellbar direkt bei mir (25.- Frs.)
Description
Ce livre fait voyager le lecteur entre la ville d’Avenches et les quatre coins de l’Europe au travers des parcours atypiques de pasteurs de la famille Fornerod : on y découvre tour à tour un théologien érudit à la tête de la première colonie huguenote de Berlin qui surestime la protection dont il jouit à Berlin et à Berne; un pasteur-précepteur frustré de ne pas faire carrière sous Catherine II à Moscou et qui, aigri, embrasse à son retour les idéaux révolutionnaires et le parti radical naissant; un jeune théologien sur les traces des élèves de Bonhoeffer autour de Berlin dans les années 1980; le secrétaire particulier d’un cardinal fer de lance de la Contre-Réforme en Suisse à la fin du XVIe siècle; mais aussi une « figure » de l’Église réformée vaudoise et du mouvement libéral du début du XXe siècle. Surtout, ce livre offre un regard unique parce que vécu sur l’histoire des relations entre les Églises protestantes en Suisse et en RDA. Témoin du protestantisme européen et du mouvement œcuménique contemporain, l’auteur décrit les tentations restauratrices des Églises en Europe centrale après 1989, les discussions sur l’armement nucléaire en Allemagne pendant la guerre froide, le rayonnement international de la Réforme suisse jusqu’à aujourd’hui. De nombreux détails amusants accompagnent le fil rouge, qui est un bout de l’histoire de la famille Fornerod, née d’une fratrie d’artisans qualifiés, immigrés du Piémont dans la Broye au XIVe siècle, et qui offrit à la Suisse, outre des centaines de quidam anonymes et quelques pasteurs, des ingénieurs, des hommes politiques et un Conseiller Fédéral.
Les Fornerod de Domdidier dans les conflits territoriaux et religieux dans la Broye (2024). 
Cette recherche est disponible ci-dessous
 

Description
Ce livre se comprend comme une suite et un approfondissement au livre « Les Fornerod, une famille au service de l’Église ». Celui-ci éclairait le destin de quelques personnalités de la branche avenchoise de la famille, mais laissait ouverte la question de savoir comment cette famille s’était retrouvée séparée après la Réforme entre une branche catholique fribourgeoise et une protestante vaudoise. La présente étude entend combler cette lacune et comprendre les facteurs qui ont fait qu’Avenches est devenue bernoise (puis vaudoise) et protestante, alors que sa voisine Domdidier, devint propriété de Fribourg et resta catholique.

Nous nous penchons en particulier sur les jeux des pouvoirs locaux, nationaux et internationaux qui ont décidé du sort politique et religieux de ces communes. Nous regarderons aussi la manière dont la Réforme a été introduite ou refusée dans les villages de la région. Ceci nous réserve une ou deux surprises de plus sur les enchevêtrements interconfessionnels et sur des destins singuliers de cette famille broyarde.

La Paroisse francophone de Berlin m’a demandé en février 2024 de présenter l’histoire de cet ancêtre ainsi que ma relation avec la paroisse et la RDA.  L’exposé peut être consulté ici. 

Les 500 ans de la Réforme

Les Eglises protestantes suisse (EERS) et allemande (EKD) ont voulu mettre en évidence le fait que la Réforme était un mouvement européen en organisant ensemble en octobre 2013 un congrès préparatoire international. Plus de trois cents personnes de plus de vingt pays y participèrent et discutèrent les thèmes de la commémoration de 2017.
Les actes de ce colloque ont été publiées en trois langues l’année suivante: « Célébrer Luther ou la Réforme? «  .
Avec les contributions (entre autres) de Margot Kässmann, Ulrich Körtner, Rowan Williams, Olav F. Tveit, Nikolaus Schneider, Kurt  Koch, Volker Leppin, Marianne Carbonnier, Christophe Chalamet, François Dermange, Anne Burghardt, Johanna Rahner, Christine Christ-von Wedel … Ils sont disponibles en bibliothèque.