« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans l’obscurité, mais il aura la lumière de la vie »
Nous arrivons au solstice d’été, la lumière inonde nos jours. Le texte du jour est donc bien en phase avec notre quotidien : « Je suis la lumière du monde », contraste toutefois de manière perturbante avec l’obscurité que nous constatons dans l’actualité de notre monde. Cette revendication du Christ replacée dans le contexte du Proche Orient prend encore plus de force, le Christ s’élevant au-dessus du pouvoir de l’astre sur la vie de la terre et de la planète.
J’ai aussi retenu volontiers ce texte du jour car je me suis souvenu de mon effroi lorsque j’ai entendu comment l’armée israëlienne avait nommé sa violente attaque contre le Liban le 8 avril (cent attaques en dix minutes sur le pays) : « ténèbres éternelles », c’est ce que Isaraël souhaitait provoquer dans le pays. Oui, les forces des ténèbres sont à l’œuvre, en particulier dans l’esprit du gouvernement israëlien actuel. Par opposition, j’ai bien sûr eu à l’esprit les magnifiques paysages d’été gorgés de soleil, mais aussi tout ce que l’esprit humain peut produire comme lumière, illumination, éclairage puissant. Je pense en particulier à ces deux citations de peintres contemporains : « L’art est la plus haute forme de l’espoir » (Gerhard Richter), et « peindre, ce n’est pas chercher la couleur, mais la lumière » (Mark Rothko).
Cela m’a amené à quelques réflexions sur le parallèle entre ce à quoi servent la lumière et le Christ, et à tenter de relier ces réalités théologique ou physico-chimique avec l’expression artistique de Rothko.
Aussi bien sur le plan de notre vie quotidienne que théologiquement, la lumière nous sert à des choses essentielles. On le sait bien, la lumière est créatrice de la vie par la photosynthèse, l’activation des molécules, la chaleur etc… Mais encore: d’un point de vue aussi bien théologique que physique :
- Elle permet de s’orienter
- Elle donne la profondeur de champ
- Elle met en relief
- Elle permet de distinguer ce qui est «devant» et ce qui vient «après»
- Elle ne (re)connaît pas le noir
- Elle permet de voir où est l’ombre
- Elle fait se distinguer la variété et les variations des couleurs
- ….
Lorsque le christianisme arrive en Chine au VIIe siècle, les bouddhistes chinois lui donnent le nom de «la religion de la joie irradiante ( radieuse, rayonnante)».
Alors j’ai fait le lien avec la peinture de Mark Rothko.

Source : wikipédia
Sur wikipédia, on peut trouver des analyses approfondies sur son œuvre : voici quelques extraits :
« Mark Rothko: l’expérience spirituelle : Mark Rothko crée des expériences. Ses toiles monumentales, remplies de blocs de couleur vibrante et éthérée, invitent à une profonde introspection. L’ artiste invite le spectateur à un dialogue silencieux où la couleur s’impose comme le seul langage capable d’évoquer les émotions les plus primaires et les plus complexes de l’être humain … En dépouillant ses œuvres de toute représentation figurative, Rothko a libéré la couleur de sa fonction descriptive pour en faire le vecteur direct de l’expérience émotionnelle. Son héritage: la conviction que l’art, dans sa forme la plus pure, peut agir comme un portail vers les profondeurs de l’âme » .
Alors, à la manière de pèlerin de la lumière, je vous invite dans les minutes qui suivent à vous mettre à la recherche de la lumière dans un monde de ténèbres, et à contempler simplement les couleurs pour trouver la lumière…
Aller sur Contempler – Serge Fornerod, puis scroller jusqu’à M. Rothko.